Se connaître pour une meilleure mémorisation

Le célèbre « Connais-toi toi-même ! » est un bon conseil aussi pour s’épanouir dans sa scolarité et savoir apprendre toute sa vie. En effet, aujourd’hui, nos enfants vont vraisemblablement exercer plusieurs métiers au cours de leur vie professionnelle et il est donc essentiel de savoir apprendre pour se former continuellement, s’adapter, développer de nouvelles compétences et acquérir de nouvelles connaissances. Mieux se connaître pour mieux apprendre est donc fondamental. Dans un monde en mutations constantes, parfois très rapides, apprendre à apprendre est une compétence de base, si ce n’est LA compétence sur laquelle d’autres vont pouvoir se développer plus sereinement et plus efficacement.

Pour cela, la connaissance de soi est un véritable atout à plusieurs titres.

Mieux se connaître pour mieux apprendre : travailler avec sa tête

S’entraîner à observer ses propres stratégies quand on apprend est bien utile pour garder celles qui nous correspondent, modifier celles qui sont inefficaces et s’entraîner à les ajuster, modifier en fonction du contexte, de la matière. 

Développer sa métacognition

Bref, développer sa métacognition, c’est-à-dire notre capacité à prendre conscience de nos propres processus de pensée va nous permettre d’adapter nos stratégies personnelles et d’optimiser nos capacités. Par ailleurs, identifier nos processus d’actions donne confiance dans nos capacités à apprendre. Nous savons alors sur quoi nous appuyer lorsque nous rencontrons une difficulté. S’interroger sur le chemin utilisé est donc toujours une bonne idée.

Etre accompagné pour prendre conscience de ses processus d’apprentissage

Au début, s’entraîner à observer ses processus d’apprentissage peut être un peu déroutant ; être accompagné fera gagner temps et efficacité.  Ainsi, je rencontre assez régulièrement des adolescents qui avaient l’impression au collège de ne pas avoir besoin de travailler et qui se retrouvent perdus au lycée car ils ne savent pas comment s’y prendre pour apprendre. Effectivement, parfois, je leur fais découvrir de nouvelles techniques et ils expérimentent d’autres outils ; mais il arrive aussi souvent que le fait de s’entraîner à observer comment ils font suffise à leur redonner confiance. Prendre conscience de ses propres processus donne des clés. Ils identifient ainsi plus précisément leurs ressources.

Connaître son fonctionnement cognitif et émotionnel

Pour autant, connaître son fonctionnement cognitif n’est pas suffisant car les apprentissages sont indissociables des émotions. Peur, découragement, joie, excitation…toutes les émotions sont au rendez-vous. Certaines freinent parfois la progression voire empêchent complètement de se confronter à la tâche proposée. Connaître son propre fonctionnement émotionnel sera donc un autre aspect à prendre en compte.

Retenir des notions avec son cœur

« Je ne sais plus rien. »

« J’ai eu un trou de mémoire. »

« J’ai l’impression d’avoir du brouillard dans la tête ».

 Qui se cache derrière cette sensation d’avoir tout oublié malgré un travail sérieux ? Le stress.

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S’entraîner à réguler son stress

Ni pleinement bon, ni pleinement mauvais, il s’agit surtout de s’entraîner à le réguler afin que son intensité soit juste pour une utilisation optimale de nos capacités intellectuelles (ou physiques dans le domaine sportif) sans provoquer de blocages. S’entraîner à réguler son stress s’apprend, c’est même une compétence psychosociale reconnue par l’OMS comme la régulation des émotions. (Les autres compétences psychosociales sont : avoir de l’empathie, avoir conscience de soi, savoir communiquer efficacement, être habile dans les relations interpersonnelles, savoir résoudre des problèmes, savoir prendre des décisions, avoir une pensée créative, avoir une pensée critique). Pour cela, il faut déjà s’entraîner à en observer les premiers signaux dans son corps pour mettre en place des outils de régulation comme la respiration par exemple. 

Faire des émotions des alliées de l’apprentissage

Parfois, l’envie de réussir est telle que cela vient nous bloquer ou nous empêcher d’oser essayer. Apprendre, c’est se lancer dans l’inconnu : je ne sais pas au début de l’apprentissage si je vais réussir. Il y a une zone, un temps dans chaque apprentissage, qui peut être vécu comme inconfortable, voire très inconfortable pour certains. Anxiété de performance, stress, peurs, découragement…s’invitent parfois. Apprendre à les repérer pour soi, c’est s’offrir la possibilité de faire des émotions des alliées de nos apprentissages. Bien se connaitre du point de vue émotionnel et développer sa capacité à les réguler est un atout majeur pour oser se lancer sereinement dans de nouveaux apprentissages. 

Acquérir des compétences avec confiance

Une dose suffisante de confiance nous permet de nous ouvrir à l’inconnu, d’explorer de nouvelles contrées, d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences. 

Dans certaines situations de blocages, c’est essentiellement cet axe émotionnel qu’il faut entraîner pour que la scolarité redevienne un plaisir.

Développer les compétences psychosociales est un enjeu majeur pour que nos enfants et adolescents soient plus à l’aise dans les apprentissages dits « scolaires » ou « académiques ».

En tant qu’adultes, les développer nous permet non seulement d’être des exemples mais aussi de nous protéger de l’épuisement.

Pour des apprentissages sereins et joyeux, il nous manque le dernier critère du trio gagnant : le corps !

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S’instruire avec son corps

Peut-être aurais-je dû commencer par cela. Savez-vous quel est l’élément dont il faut impérativement prendre soin en premier pour réussir sa scolarité ? 

Le sommeil permet de mieux apprendre

LE SOMMEIL. Sans lui, attention, régulation des émotions, du stress, mémorisation seront affaiblies. Plus difficile de rester concentré donc une mémorisation moins efficace, stress plus difficile à réguler et le cercle vicieux ne tarde pas à s’installer. Plutôt que d’imposer une heure de coucher aux adolescents que j’accompagne, je leur demande d’expérimenter de se coucher 15 à 30 min plus tôt et d’observer comment ils se sentent ensuite en classe. Tous constatent des bénéfices immédiats, notamment, selon leurs retours, sur leur concentration en classe et leur capacité à réguler leur stress. 

Nous pouvons avoir les meilleures stratégies du monde, sans un temps de sommeil suffisant pour nous, nous perdrons en efficacité.

Il ne vous viendrait pas à l’idée d’utiliser un carburant qui ne soit pas adapté à votre voiture ? Pourquoi faire différemment avec votre corps ? Adopter une alimentation équilibrée et boire régulièrement de l’eau seront aussi des alliés précieux pour un bon fonctionnement cognitif. 

Les bienfaits de l’activité physique sur les apprentissages

Ne pas oublier de s’aérer et de bouger régulièrement. Les recherches montrent les bienfaits de l’activité physique sur les apprentissages. Alors à vos baskets ! Car ce qui est vrai pour nos enfants et adolescents est aussi vrai pour nous dans notre contexte professionnel. Je vais d’ailleurs profiter de la fin de l’écriture de cet article pour aller m’aérer et marcher pour recharger mes ressources attentionnelles.

3 ingrédients pour progresser

 3 ingrédients à ajouter :

  • – Quand il y a des changements à opérer, commencer par le plus petit pas possible.
  • – Ne pas oublier que tout apprentissage, quel qu’il soit, demande de l’entraînement.
  • – Se féliciter de chaque petite victoire pour nourrir sa confiance en soi.

En conclusion, mieux se connaître pour mieux apprendre, c’est apprendre à apprendre. Et c’est donc acquérir des compétences pour la vie.

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